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Vivre heureux en communauté

Comment vivre en communauté en toute sérénité?

Depuis très longtemps, on a compris que l’homme est un animal social. Il est incapable de vivre sans un groupe de référence. On le répète tellement qu’on arrive à culpabiliser ceux qui ne se sentent pas à l’aise en communauté.

En effet, l’être humain est aussi fait d’individualités. Il a ses aspirations, ses désirs, ses rêves et ses convictions personnelles qu’il veut exprimer et réaliser. Cependant, laisser ces attitudes s’exprimer et se réaliser heurte parfois la société. Lorsqu’on parle d’intérêts et de désirs individuels, on se rend compte que vivre en société n’est pas aussi naturel qu’on le prétend.

Les intérêts du vivre ensemble

Depuis la dernière décennie du XXe siècle, le célèbre sociologue Maffesoli et consorts ont disserté sur les phénomènes sociaux du post modernité. À partir de leurs analyses sociales, ils ont conclu que l’individu du post modernité va inévitablement revenir vivre au sein d’une communauté restreinte. Le mode de vie individualiste d’une société à dimension universelle a atteint ses limites.

Dans une communauté, on est accueilli et aidé. L’intérêt d’une communauté est d’ailleurs le fait que ceux qui y ont vécu plus longtemps partagent leurs expériences avec les nouveaux venus. De leurs côtés, les néophytes apportent leurs acquis personnels pour enrichir le groupe. Ainsi, le groupe se développe rapidement et les membres s’y évoluent en toute sécurité. Ce sentiment de sécurité est important pour un individu vivant dans une ère où la vitesse de circulation des biens et des informations est si grande qu’elle devient déroutante.

La pertinence de la théorie sociale de Maffesoli est comprise par la société consumériste. On a aujourd’hui mis au point des techniques de marketing visant à mettre en place des comités spécifiques de tel ou tel produit. Les stratégies de tunnel de vente et leurs variantes contribuent aujourd’hui à faire en sorte que l’individu du XXIe siècle ne peut plus vivre tout seul dans son coin. L’homme post-moderne doit absolument avoir au moins une communauté de référence.

L’assimilation du système de régulation social

Une communauté, pour qu’elle vive et se développe, a besoin d’être supportée par ce qu’on appelle un système de régulation sociale. Il s’agit d’un système où plusieurs principes sociaux, fonctionnant chacun selon sa propre loi, travaillent ensemble pour le faire avancer. Ces éléments du système sont nombreux, mais pour vivre sereinement au sein d’une communauté, il faut, au moins, pouvoir identifier, comprendre, et assimiler trois principes fondamentaux: la norme, le statut et le rôle.

Les normes sont des consensus implicites ou explicites tirés de ce que la communauté détermine comme valeurs. L’individu doit savoir identifier ces normes si elles sont implicites et il a l’obligation de s’y soumettre pour le bien de sa communauté. Pour qu’une personne puisse vivre sereinement au sein d’une communauté, il faut aussi qu’elle sache identifier les sanctions sociales associées à chacune de ces normes. Subira-t-elle seulement les moqueries de ses pairs si elle les transgresse? Ou bien arrivera-t-on jusqu’à son exclusion du groupe?

Ensuite il y a les notions de statuts et rôles. Au sein d’une société, qu’elle soit restreinte ou globale, les personnes sont distribuées de façon hiérarchisée. L’égalité parfaite des membres n’est qu’un mythe. Une personne est placée en haut de la hiérarchie soit en fonction des normes d’accès établies par le groupe, soit en fonction de la pertinence de ses aptitudes.

Il y a des statuts innés et des statuts acquis au fur et à mesure que la personne fait ses preuves. En vérité, chaque statut correspond à une attente sociale que la personne doit absolument répondre. Si elle ne joue pas le rôle exact qu’on attend par rapport à son statut, la personne risque de subir une sanction de la part de sa communauté.

Les statuts et rôles attribués à un individu peuvent être multiples au sein d’une communauté. Pour y vivre en harmonie, il doit les identifier et les réaliser de manière harmonisée avec les attentes de sa société.

Les facteurs psychologiques limitant la sérénité en société

L’aptitude à vivre ensemble peut aussi être limitée par le développement psychologique de la personne. Il y a parmi nous ce qu’on appelle les adultes tyranniques. Ce sont des personnalités fortement axées sur leur ego. Ils sont incapables d’empathie et pensent que les règles de vie qui s’imposent aux autres ne les concernent pas. Une surestimation de leur propre personne les conduit à avoir une fausse vision des concessions sociales. Certaines erreurs qu’on a faites pour améliorer l’éducation ont produit en masse ce genre de personnalité.

Cependant, les conséquences de l’enfant roi ne sont pas irréversibles. Au contraire, il faut davantage pousser ces personnes vers leurs pairs pour qu’ils comprennent progressivement que les autres aussi ont des egos et qu’il faut de la compréhension mutuelle pour vivre.

Enfin, il y a ceux qui manquent de connaissance de soi. Ces personnes sont incapables de s’épanouir pleinement au sein d’une communauté parce qu’elles ne savent pas ce qu’elles doivent imposer lorsque la communauté construit ses normes implicites. Les adultes doivent éviter de surprotéger les enfants lorsqu’ils sont chargés de les éduquer. Il faut les laisser faire des erreurs, il faut leur faire comprendre lorsqu’ils ont tort. Les fréquentes remises en question de sa personne permettent à l’individu de mieux se connaître et pouvoir affronter la vie plus tard.

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Isabelle Dupuy

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